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Quel sort pour Gibraltar avec le Brexit ? 180 video http://img.vidible.tv/prod/2017-06/19/5947ed2d1de5a13d247d99ee/5947ed2d6709846d28c25bbd_o_F_v0.jpg La petite ville de San Roque, en Andalousie, va s’intéresser de près aux négociations sur le Brexit. Car ici, de nombreux habitants travaillent sur le territoire britannique de Gibraltar, situé à une dizaine de kilomètres plus au sud. Avec le Brexit, la libre-circulation des personnes et des biens est remise en cause. Les travailleurs espagnols de Gibraltar s’inquiètent pour leur avenir. _“Gibraltar est une usine, une formidable usine pour cette région. Il y a 7.000 familles espagnoles, uniquement espagnoles, qui vivent grâce à Gibraltar. La crainte principale des travailleurs, c’est la dévaluation de la livre sterling et des contrôles drastiques à la frontière”, souligne Jesus Moya, un travailleur frontalier. De longues files d’attente à la douane. Voilà ce que craignent notamment les travailleurs espagnols qui se rendent chaque jour sur le territoire britannique, où le contraste économique est saisissant : la croissance avoisine les 10 % du PIB et le chômage y est quasi-inexistant. Le Brexit remet en cause l‘équilibre de l‘économie régionale, comme le souligne, Christopher Wall, chef d’entreprise, et patron de Jesus Moya à Gibraltar : “Si nous ne pouvons plus faire transiter les biens par la frontière, il faudra trouver un autre moyen pour acheminer des biens. Mais il y a un problème encore plus important, c’est celui de la main d’oeuvre. Gibraltar aujourd’hui dépend de la main d’oeuvre espagnole, notamment des travailleurs frontaliers, c’est-à-dire des personnes qui vivent en Espagne, mais qui travaillent à Gibraltar. Il est donc difficile d’imaginer l‘économie de Gibraltar sans les Espagnols.” Pas étonnant donc que 96 % des électeurs de Gibraltar aient dit non à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Quel sera le sort réservé à l’enclave britannique dans les négociations sur le Brexit ? L’Espagne, qui revendique Gibraltar depuis longtemps, pourrait faire pression. “La faiblesse politique de la première ministre britannique Theresa May pourrait contraindre Londres à plus de flexibilité dans les négociations. Le problème, c’est que jusqu‘à présent la position de l’Espagne est très préoccupante, car Madrid a proposé une solution qui, chacun le sait, n’est pas viable, c’est celle d’une co-souveraineté sur Gibraltar, au lieu de proposer une solution qui serait bénéfique à toutes les parties”, indique Jesús Verdú, professeur en droit international. Les conséquences du Brexit se font déjà sentir du côté espagnol de la frontière. Les commerçants andalous déplorent une baisse des ventes due à la dévaluation de la livre sterling. Carlos Marlasca, envoyé spécial d’euronews : “Cette statue rend hommage aux travailleurs espagnols à Gibraltar. Mais derrière les emplois, le Rocher a un impact économique sur la région frontalière espagnole de plus de 650 millions d’euros par an. Des Britanniques, s’exprimant dans un castillan parfait, avec un accent andalou prononcé, nous ont dit qu’un Brexit “dur”, sans flexibilité à la frontière, les empêcherait d’effectuer leurs achats habituels en territoire espagnol.” Euronews French News World News 2017-06-19 15:15:55
Quel sort pour Gibraltar avec le Brexit ?
La petite ville de San Roque, en Andalousie, va s’intéresser de près aux négociations sur le Brexit. Car ici, de nombreux habitants travaillent sur le territoire britannique de Gibraltar, situé à une dizaine de kilomètres plus au sud. Avec le Brexit, la libre-circulation des personnes et des biens est remise en cause. Les travailleurs espagnols de Gibraltar s’inquiètent pour leur avenir. _“Gibraltar est une usine, une formidable usine pour cette région. Il y a 7.000 familles espagnoles, uniquement espagnoles, qui vivent grâce à Gibraltar. La crainte principale des travailleurs, c’est la dévaluation de la livre sterling et des contrôles drastiques à la frontière”, souligne Jesus Moya, un travailleur frontalier. De longues files d’attente à la douane. Voilà ce que craignent notamment les travailleurs espagnols qui se rendent chaque jour sur le territoire britannique, où le contraste économique est saisissant : la croissance avoisine les 10 % du PIB et le chômage y est quasi-inexistant. Le Brexit remet en cause l‘équilibre de l‘économie régionale, comme le souligne, Christopher Wall, chef d’entreprise, et patron de Jesus Moya à Gibraltar : “Si nous ne pouvons plus faire transiter les biens par la frontière, il faudra trouver un autre moyen pour acheminer des biens. Mais il y a un problème encore plus important, c’est celui de la main d’oeuvre. Gibraltar aujourd’hui dépend de la main d’oeuvre espagnole, notamment des travailleurs frontaliers, c’est-à-dire des personnes qui vivent en Espagne, mais qui travaillent à Gibraltar. Il est donc difficile d’imaginer l‘économie de Gibraltar sans les Espagnols.” Pas étonnant donc que 96 % des électeurs de Gibraltar aient dit non à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Quel sera le sort réservé à l’enclave britannique dans les négociations sur le Brexit ? L’Espagne, qui revendique Gibraltar depuis longtemps, pourrait faire pression. “La faiblesse politique de la première ministre britannique Theresa May pourrait contraindre Londres à plus de flexibilité dans les négociations. Le problème, c’est que jusqu‘à présent la position de l’Espagne est très préoccupante, car Madrid a proposé une solution qui, chacun le sait, n’est pas viable, c’est celle d’une co-souveraineté sur Gibraltar, au lieu de proposer une solution qui serait bénéfique à toutes les parties”, indique Jesús Verdú, professeur en droit international. Les conséquences du Brexit se font déjà sentir du côté espagnol de la frontière. Les commerçants andalous déplorent une baisse des ventes due à la dévaluation de la livre sterling. Carlos Marlasca, envoyé spécial d’euronews : “Cette statue rend hommage aux travailleurs espagnols à Gibraltar. Mais derrière les emplois, le Rocher a un impact économique sur la région frontalière espagnole de plus de 650 millions d’euros par an. Des Britanniques, s’exprimant dans un castillan parfait, avec un accent andalou prononcé, nous ont dit qu’un Brexit “dur”, sans flexibilité à la frontière, les empêcherait d’effectuer leurs achats habituels en territoire espagnol.”